A la recherche de l’ouverture parfaite

            Que vous n’y connaissiez rien aux échecs, où que vous en connaissiez tout, l’ouverture est et restera toujours un mystère non résolu, où les possibilités sont infinies. Si comme moi vous avez passé de nombreuses heures à éplucher Wikipédia, Chessable, Chessbase, quelques livres et des échiquiers d’analyse toujours plus puissants, vous devez avoir déjà quelques réponses. Les finales et l’entraînement tactique est ce qu’il y a de plus important aux échecs, mais partir d’une ouverture bien menée, c’est l’assurance de se concentrer sur la stratégie et la tactique au bon moment, et avec des pièces bien placées.

            Personnellement, lorsque j’ai débuté sur le jeu, je me suis penché sur la défense sicilienne, variante Najdorf, et j’en ai étudié la théorie pendant plus de cinquante heures.

Siclienne Najdorf – code ECO B90 à B99

Je n’ai jamais été d’accord avec le fait qu’il faille un certain niveau avant de commencer l’étude de la théorie, cependant gardez en mémoire qu’un entraînement complet couvrant chaque phase du jeu, est meilleur que de ne se focaliser que sur une seule phase du jeu. Aujourd’hui nous parlerons des blancs, et je vais vous faire part des questions que je me suis posé pendant toutes ces heures à étudier des lignes que Youtube et mon ordinateur me donnaient. Je vous aiderais à vous construire votre répertoire, mais avant il vous faudra savoir dans quelles positions vous êtes à l’aise, et pour cela il vous faudra tout essayer ou presque.

            Une ouverture, c’est quoi ? C’est un ordre de coups, c’est avancer les débuts d’une structure de pions, c’est mettre en place un système adapté afin de jouer une position. Aux débutants, commencez par e4, forcez-vous à jouer des écossaises, des italiennes, et des espagnoles assez longtemps pour en comprendre les principales variantes. Car oui jouer une ouverture c’est bien mais il faudra rapidement se renseigner dessus pour comprendre a quoi servent les coups, pourquoi ils sont joués dans cet ordre, et pourquoi un coup qui n’est pas dans l’ouverture n’est pas bon, car il y a souvent une excellente raison à cela. Prenez votre variante, ne l’apprenez pas par forcément par cœur, allez au dixième coup, au quinzième, et étudiez la position. En premier lieu, vous allez voir que des coups anodins de l’ouverture ne se révèlent que plus tard, et si il ne faut pas apprendre par cœur, comprendre en revanche, est essentiel, vous devez savoir pourquoi c’est ce coup qu’il faut jouer. Dans un deuxième temps la structure de pions. Aux échecs la structure de pions est très importante, c’est elle qui déterminent le placement de vos pièces, vos plans futurs, vos intentions. Mais les pions ne reculent pas, alors soyez prudent, avancer laissera souvent des failles. Pour finir, quels sont les plans, quelle stratégie permet votre structure ? Quelles sont les failles dans le jeu adverse que vous pouvez, ou pourrez exploiter plus tard ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

            Après avoir exploré e4, je m’étais intéressé à d4. Le gambit dame, le système de Londres, et tant d’autres. Je me suis senti à l’aise dans la structure Carlsbad, qui méritera un autre article. Aujourd’hui, je vous présente un mix entre un gambit dame refusé et système de Londres, l’attaque Harrwitz. Selon la théorie, dans le gambit dame refusé 1. d4 d5 2.c4 e6 3.Cc3 Cf6, les blancs jouent très souvent Fg5. Clouer le cavalier, forcer Fe7, transformer son mauvais fou en fou utile, avant de jouer e3, qui fermera la structure et peut amener une structure Carlsbad. Ici, l’attaque Harrwitz consiste, comme le système de Londres, à éviter des coups comme : 4.Fg5 Fe7 5 : e3 Ce4 ( Exemple : la défense Lasker ).

Les blancs jouent donc 5.Ff4 avant de fermer la structure, ce qui ajoute de nombreux plans du système de Londres : Attaque de minorité avec b4 – b5 – b6, le Ff4 rend c7 faible, et peut interdire le coup futur Tb8.

Après avoir étudié le jeu de Carlsen et trouvé plusieurs parties comme celles-ci, j’ai cherché plus loin, et j’ai trouvé une ligne intéressante, mais néanmoins assez complexe à jouer :

Commentaires :

7ème coup : On voit ici toute l’utilité du fou en f4 qui interdira Tb8 et rendrais à long terme le pion c7 faible.

10… a3, une suite de coups thématiques dans ce genre d’attaque de minorité.

12ème : b5. Malgré leurs efforts les noirs n’ont pas su empêcher la poussée b5.

14.c7. Ici les blancs acceptent de perdre les pions liés mais tout repose sur l’avenir du pion c7, sérieuse épine maintenue par ce fameux Ff4.

14.c7 b4 15.Cb5 est donné égal par l’analyse, c’est une position théorique de l’attaque Harrwitz et il reste encore quelques parties avec cette position. C’est pourquoi le seul coup des noirs ici pour réfuter cette ligne, est 14. … Fxa3 !

16.Re2. Ici nous voyons quel contre jeu les noirs peuvent obtenir sur cette ligne critique.

Rédigé par notre rédacteur